Sport et Mondialisation en France

Fin novembre s’est tenu une conférence à Paris réalisée par le bulletin d’informations juridiques sportives Légisport dont la problématique était : « le sport français doit-il craindre de la mondialisation ? ». Plusieurs représentants issus de divers milieux sportifs sont intervenus dont Michel Pautot fondateur de Légisport et à l’origine de l’arrêt Malaja, prolongement du célèbre arrêt Bosman.​

L’arrêt Bosman et l’arrêt Malaja

La structure du sport français et européen que nous connaissons actuellement est en grande partie due à un homme : Jean-Marc Bosman. Ce footballeur, alors en fin de contrat avec le RFC Liège s’apprête à jouer en D2 française avec son nouveau club, Dunkerque. Cependant, comme il était possible à l’époque, Liège demande une indemnité au club du nord de la France. S’ensuit une longue procédure judiciaire qui va restructurer l’intégralité du sport européen et qui va aboutir au plus célèbre arrêt du sport : l’arrêt Bosman (1995)

En effet, auparavant, seuls 3 joueurs étrangers étaient autorisés sur le terrain ce qui limitait l’exode de joueurs et rendait les championnats peu diversifiés. Des indemnités pouvaient être également demandées en cas de transfert de joueurs pourtant en fin de contrat. 

Désormais et après l’arrêt Bosman, plus de limites de joueurs communautaires (ayant la nationalité d’un pays européen) sur un terrain et plus d’indemnités pour les joueurs en fin de contrat : on assiste à une révolution dans le football et le sport en général ou plusieurs joueurs de nationalités européennes pourront être représentés dans une même équipe sans contraintes légales. 

À cet arrêt, on peut en ajouter un deuxième d’une importance capitale : l’arrêt Malaja (2002). Lilia Majala, basketteuse Polonaise, devait être transférée au RC Strasbourg en 1999. Cependant le quota de deux joueuses extracommunautaire était atteint et son transfert avait été invalidé. Ses avocats marseillais, Serge et Michel Pautot ont alors réussi à valider son transfert arguant que les contrats de libre circulation des individus entre les pays devaient s’appliquer également au sport (la Pologne ne faisait pas partie de l’UE à l’époque). L’arrêt ne s’applique à l’époque qu’en France avant d’être confirmé ensuite par la Cour de Justice des Communautés Européennes et est le symbole d’une avancée supplémentaire dans la mondialisation du sport. 

L’impact de la mondialisation dans le sport français

Récemment en Italie, avec la non-qualification de la Squadra Azzura à la coupe du Monde de football, une polémique a eu lieu concernant le trop grand nombre de joueurs étrangers jouant dans le championnat national, empêchant selon certains experts la progression et le développement des joueurs de nationalité italienne. Avec les récentes performances en dents de scie du XV de France, ce genre de discours a aussi été tenu par certaines personnalités du rugby français, arguant que les joueurs étrangers prenaient trop de place dans les effectifs des clubs français et que les clubs s’étaient éloignés de la formation privilégiant les performances à la patience. 

Un constat si négatif des sportifs étrangers va à l’encontre de la dynamique actuelle dans le sport français. En effet, ils sont de plus en plus à jouer dans des clubs de l’hexagone que ce soit dans le sport masculin ou féminin. En D1 féminine de football et comme nous le montre l’étude de Légisport, 18,24% des joueuses sont étrangères comme le fut Alex Morgan, superstar américaine (plus de 3,5 millions de followers sur Twitter et plus de 5 millions sur Instagram) venue jouer à l’Olympique Lyonnais une saison et accroissant la popularité du club et du championnat. Le pourcentage est encore plus élevé dans le championnat de volley féminin ou le nombre de volleyeuses étrangères et de 53,52%

Chez les hommes le football (46,21% de sportifs étrangers) et le basket-ball (44,44%) sont les deux sports ou il y a le plus d’étrangers. Et ce n’est pas le Paris Saint-Germain et les fans de football français qui diront que le nombre élevé de joueurs étrangers est une mauvaise chose pour la Ligue 1. L’arrivée de Neymar, au-delà de l’apport sportif, a porté un coup de projecteur énorme sur le club de la capitale et sur tout le championnat attirant de nouveaux sponsors et de nouveaux marchés comme l’Amérique du Sud ou l’Asie. 

Les joueurs mais également les actionnaires se mondialisent, bénéficiant au sport français. En 2 ans, l’OGC Nice a ouvert son capital à des investisseurs chinois tout comme l’Olympique Lyonnais. L’Olympique de Marseille a lui été racheté par Franck McCourt, investisseur américain et le LOSC a un actionnaire majoritaire hispano-luxembourgeois. 4 clubs importants en France auxquels viennent s’ajouter le PSG détenu par un fonds d’investissement Qataris, l’AS Monaco dont l’actionnaire, Dmitri Rybolovlev est russe ainsi que de nombreux autres clubs de football mais aussi dans différent sports comme le rugby ou récemment le Stade Français a été racheté par un investisseur allemand. 

C’est donc grâce à de nombreux arrêts tels que l’arrêt Bosman et l’arrêt Malaja que le sport français se développe et s’inscrit dans une logique de mondialisation. Malgré les débats qui existent sur le nombre de sportifs étrangers au sein du sport français, ces derniers jouent un rôle essentiel dans la visibilité et la reconnaissance du sport français à l’international, ce qui permet comme dans d’autres secteurs à des investisseurs de tous horizons d’aider à le faire grandir.

 

 

Baptiste Favier

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