Passeport Biologique de l'athlète (P.B.A.) & Dopage

Mis en place en 2009, le Passeport Biologique de l’Athlète (PBA) se présente comme une méthode indirecte de détection du dopage chez les sportifs de haut niveau. Mais comment ce système fonctionne-t-il ? A quel point est-il efficace ? Connaît-il des limites ?

Son fonctionnement…

Des données biologiques sont récoltées tout au long de la carrière de l’athlète. Cette traçabilité en continu établit le profil du sportif concerné. Or, la récolte de certaines d’entre elles en particulier peut permettre de révéler le recours au dopage, et ceci grâce à un simple écart avec les données habituelles.

Ce système se différencie des techniques courantes et directes de détection du dopage par analyses ponctuelles. Son efficacité s’explique par le caractère continu de cette traçabilité qui rend beaucoup plus difficile la création de moyens dopants, étant donné le caractère unique du profil biologique de chaque athlète. En effet, ceci supposerait la création d’une substance dopante qui ne bouleverse pas les composantes biologiques et leurs taux habituels dans le corps. Tout écart anormal peut entraîner une présomption de dopage, ce qui se révèlerait efficace même en cas de présence d’une substance dopante inconnue !

C’est ainsi que Riad Guerfi, le double champion de France de 10 000 mètres, a été suspendu pour quatre ans après avoir été jugé anormal par rapport aux données de son passeport biologique.

L’évolution du PBA…

C’est l’AMA (Agence Mondiale Antidopage) – l’organisation internationale indépendante responsable de coordonner et de superviser la lutte contre le dopage dans le sport – qui a développé le système du PBA.

Sa première version entre en vigueur en 2009. Elle est basée sur le suivi des données hématologiques des athlètes dit « module sanguin ou hématologique », pour la détection indirecte du dopage sanguin.

En 2014, un second module entre en vigueur. Il s’agit du « module stéroïdien » qui assure une traçabilité continue de la concentration de stéroïdes dans l’urine du sportif, détectant le dopage aux stéroïdes.

Actuellement, la conception d’un « module endocrinien » est en cours. Il permettrait de détecter les abus de prise de substances de croissance comme l’hormone de croissance.

Au fil du temps, le spectre de biomarqueurs du dopage devrait encore s’élargir grâce aux recherches de l’AMA et aux progrès scientifiques en cours (en chimie analytique par exemple) et à venir.

Ses limites ?

En athlétisme par exemple, le PBA a déjà un effet très relatif. Il permet avant tout et presque exclusivement de sanctionner les athlètes spécialisés dans les épreuves d’endurance du 1 500 mètres au 50 kilomètres marche. Les sprinteurs sont donc souvent épargnés, leur discipline ne permettant pas de discerner des variations assez manifestes de leurs composantes biologiques pour caractériser un cas de dopage.

En outre, certains retournent malheureusement le passeport biologique à leur avantage en s’en servant à titre personnel comme d’une indication des limites à ne pas franchir concernant leurs variables biologiques. Une gestion du dopage à faibles doses peut donc passer inaperçue.

 

On peut donc dire que le système du PBA a encore grandement besoin des progrès de la science pour s’affûter et progresser en efficacité !

 

 

Joséphine Guérin

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