Femmes, Football et salaires

En annonçant que les salaires de l’équipe nationale féminine allaient être égaux à ceux des hommes, la Fédération de Norvège de Football a frappé un grand coup et a ouvert la voie à d’autres initiatives dans le combat pour l’égalité homme-femme dans le monde du sport.

640 000 euros. C’est ce que vont désormais toucher les joueuses de football de l’équipe nationale de Norvège chaque année. Un salaire équivalent à celui de leurs homologues masculins qui ont consenti à faire un effort d’environ 60 000 euros pour que le salaire des femmes double. « C’est peut-être un petit geste pour vous […] mais ça signifie énormément pour nous. » écrit Caroline Graham Hansen, milieu offensif. Un geste important qui pourrait en entraîner d’autres ! Mais en attendant, tout reste à jouer pour la Fédération Norvégienne tant que ces écarts entre hommes et femmes persistent.

Un abysse salarial entre hommes et femmes :

En 2016, alors que Carlos Tevez caracolait en tête du classement des joueurs les mieux payés au monde, avec 31 millions d’euros par an hors sponsoring, c’est la Brésilienne Marta Vieira da Silva qui prenait la première place du classement féminin avec… 346 000 euros par an ! Un écart vertigineux qui s’explique en grande partie par le fait que les revenus générés par les matchs proviennent avant toute chose des droits de diffusion. Les chaînes s’arrachent par exemple ceux de la Ligue 1 pour près de 750 millions d’euros alors que dans le même temps, le championnat féminin français se vend autour de 200 000 euros seulement.

Des raisons d’espérer :

Toutefois le football féminin ne doit pas s’avouer vaincu d’avance ! Il est entré depuis le milieu des années 2000 dans une croissance exponentielle. A titre d’indication, les droits de diffusion de l’équipe nationale féminine de France ont été 11 fois plus importants pour la période 2014-2018 que pour la période 2009-2013. On voit également que le poids des femmes dans le football est de plus en plus important, ce qui constitue un levier de négociation très puissant. Car au-delà du salaire des joueuses norvégiennes, ce sont les joueuses américaines qui avaient réalisé un véritable coup de force en menaçant à plusieurs reprises de faire grève, avant de voir leurs salaires revalorisés en Avril 2016. Aux Etats-Unis, le football féminin génère d’ailleurs aujourd’hui 40% de revenus de plus que le football masculin. Il faut dire que le football féminin y est très développé. Souvent formées dans les équipes universitaires de soccer, les joueuses profitent d’une ligue où l’argent n’est pas un problème puisque la fédération prend en charges le salaire des joueuses internationales, favorisant ainsi le développement du championnat.

Il y a donc de bonnes raisons de croire que les footballeuses devraient voir leurs conditions s’améliorer dans les prochaines années ! Et ceci dans de nombreux pays !

Quentin Andrieux

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