Taxe à 75%, le combat des clubs de football français

    Quelques jours avant son élection, François Hollande assurait au Président de la FFF (Fédération Française de Football), Noël Le Graët, que la taxe à 75% sur les revenus annuels supérieurs à 1 000 000 euros ne serait pas supportée par les clubs. Cependant, la censure du Conseil constitutionnel transfère la charge depuis les joueurs vers les employeurs.

     Avec la volonté affichée du gouvernement de ne pas faire d’exceptions, les promesses ont volé en éclats. Les clubs professionnels, par la voix de leurs présidents, sont vent debout contre la taxe et réclament une exonération.

 

     Quels sont leurs arguments ?

     Le principal est que les clubs de football évoluent dans un environnement extrêmement concurrentiel dans lequel les barrières entre les pays sont inexistantes et qu’une nouvelle taxe, pour des clubs en mauvaise santé financière, accentuerait la fuite des talents vers des pays où la taxation est plus clémente. Aujourd’hui déjà, un joueur en France coûte 33% plus cher qu’en Allemagne, Angleterre ou Espagne. Dépendants à 54% des droits TV, cette perte de qualité du championnat entraînerait la chute des recettes des clubs, créant un véritable cercle vicieux.

     Deuxième argument, les 25 000 emplois créés par le secteur seraient alors menacés. En effet, les 14 clubs de Ligue 1 concernés par cette taxe devraient supporter un montant total de 44 millions d’euros et n’auraient comme solution que de licencier des salariés tels que les jardiniers.

 

      Une grève annoncée puis reportée

     Une « journée blanche » avait été décidée par les clubs le week-end du 30 novembre pour manifester leur désapprobation, leur réception à l’Elysée n’ayant pas fait bouger les lignes. Après l’annonce d’une médiation organisée par le député Jean Glavany (PS), les présidents de clubs ont décidé de suspendre cette journée blanche pour faire preuve de leur bonne foi. L’idée n’est cependant pas annulée au cas où la médiation échouerait. Côté gouvernement, on balaie l’idée de revenir sur le principe même de la taxe mais des aménagements pourraient être ajoutés. Les discussions reprennent.

 

     L’AS Monaco pas épargné

     Bien que n’étant pas un club français, l’AS Monaco serait également dans le viseur des pouvoirs publics et ce pour ne pas accroître les inégalités que l’arrivée d’un riche investisseur russe a provoquées.

 

      Comment s’appliquerait la mesure ?

     Elle devrait s’appliquer sur deux ans avec un effet rétroactif (qui indigne même les plus compréhensifs des présidents de Lique 1 tel Louis Nicollin (Montpellier HSC)) et être plafonnée à 5% du CA du club. Elle concernerait actuellement 120 personnalités (joueurs et entraîneurs).

     Rappelons tout de même que 96% des français jugent les joueurs de Lique 1 trop payés et que 85% sont favorables à l’idée de non-exonération pour les clubs de football. Pour le gouvernement, c’est l’occasion d’assurer l’égalité entre tous, principe fondateur de la République. Pointé du doigt pour ses rétropédalages, le gouvernement semble cette fois tenir bon et aller au bout de son idée.

 

     La taxe à 75% est et restera un symbole fort du mandat de François Hollande.

 

B.S

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