Construire ou rénover un stade, un parcours du combattant ?

      Le 28 mai 2010 c’est officiel, la France organisera l’Euro 2016. Les présidents des clubs de football peuvent être soulagés : les constructions de nouveaux stades et les rénovations en cours vont pouvoir s’accélérer. Cela représente pour la France un investissement de 1,7 milliard d’euros.

 

     Construire un stade ou mener des rénovations n’est pas une mince affaire.Hormis Ajaccio et Auxerre, les enceintes appartiennent aux collectivités locales. Il faut donc pouvoir faire face aux désaccords entre élus locaux, aux recours multiples contre les permis de construire, aux recours des opposants politiques ou des associations anti-stades. La construction se révèle alors être un véritable marathon avec, au centre, le partenariat public-privé. Le stade de Lyon, par exemple, dont le chantier a officiellement été lancé le 31 juillet 2013, aura cinq ans de retard par rapport au planning initial.

     Le financement de tels projets est également une source de difficultés. Actuellement, les droits TV représentent 57% du budget des clubs de l’élite ; le spectateur pèse cinq fois moins que le téléspectateur dans l’économie des clubs. Cela met en évidence l’insuffisance de diversification des sources de revenus.

 

     Les factures des travaux sont à la mesure de la complexité de ces projets, souvent semés d'embûches. Ainsi, l’ensemble de ces constructions représente un vrai marché pour les majors du BTP. Ces ouvrages coûtent plusieurs centaines de millions d'euros (405 millions à Lyon, 217 millions à Nice, 165 millions à Bordeaux) et génèrent de nombreux emplois. Pourtant, même quand la construction a commencé, certains problèmes de financement demeurent. À Bordeaux, le groupement constitué par Vinci et Fayat a démarré le chantier sur ses fonds propres et les subventions des collectivités locales car les banques refusent de verser les emprunts négociés tant que les recours contre les permis de construire ne sont pas tous jugés.

     De plus, quand le stade est terminé, les obstacles apparus lors de la construction ne disparaissent pas d'un seul coup. Plus d'un an après sa livraison, Eiffage réclame toujours près de 80 millions à la communauté urbaine de Lille. A cause de retards qu'il impute aux élus, le groupe a dû mobiliser des moyens extraordinaires.

 

     Entre l'éventuel agrandissement du Parc des Princes et l'extension de Roland-Garros, le XVIème arrondissement de Paris reflète parfaitement certaines problématiques qu’impliquent de tels projets. Près du tout nouveau stade Jean-Bouin, le Parc des Princes, en cours de rafraîchissement dans la perspective de l’Euro 2016, est jugé trop petit par les propriétaires pour répondre aux ambitions affichées par le club. Les dirigeants qataris souhaiteraient l’agrandir en passant à 60000 places. Cependant, outre la difficulté technique d’un tel projet, le contexte n’est pas propice à ce type de grands travaux : le projet d’agrandissement de Roland-Garros est bien avancé et les riverains n’y sont pas favorables. Les élus locaux sont donc coincés à la fois entre la nécessité de se complaire aux puissances sportives (et au poids intéressant de leurs impôts) et de répondre aux inquiétudes des habitants. D’un point de vue financier, si le PSG possède un budget presque illimité, trouver les fonds pour l’extension de Roland Garros n’est pas aussi simple puisque les négociations sur les droits TV ont été un échec (15 millions d'euros que paie actuellement France Télévision contre 55 millions d'euros pour l'US Open, 30 millions d'euros pour Wimbledon et 28 millions d'euros pour l'Open d'Australie).

 

E.R

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