Jeux Olympiques de 2024 : Paris, ville candidate, une chance pour la France ?

      Quelques mois après l’annonce du choix de Tokyo comme ville hôte pour les Jeux Olympiques de 2020, la France se remet à rêver à une nouvelle candidature pour les jeux de 2024. Ce fantasme de ville-hôte est loin d’être nouveau si l’on se réfère aux nombreux échecs des candidatures françaises depuis 10 ans : Lille 2004, Paris 2008 et 2012, Annecy 2018… Pourquoi un tel acharnement de la part de la France? A-t-elle réellement les moyens de gagner ?

 

     Des signaux positifs émanant du gouvernement

     En l’espace de deux semaines, le gouvernement, en la personne de François Hollande, a multiplié les rendez vous et a semblé porter une attention toute particulière à cette question. En effet, François Hollande a reçu le 15 novembre les trois membres français du CIO (Comité International Olympique), Jean-Claude Killy, Guy Drut et Tony Estanguet qui ont ensuite déclaré avoir trouvé un président très à l’écoute. 10 jours plus tard, le président s’est entretenu sur ce sujet avec la ministre des Sports Valérie Fourneyron, accompagnée des présidents du comité national olympique (CNOSF) Denis Masseglia et du Comité français du sport international (CFSI) Bernard Lapasset. Pour parachever le tout, Thomas Bach, président du Comité international olympique (CIO) et défenseur de la candidature française a déclaré à la presse suite à sa rencontre avec François Hollande le 30 novembre que celui-ci lui aurait assuré de lui donner son feu vert sous condition que tout soit prêt et que le dossier soit solide.

 

     Pourquoi une énième candidature ?

     Tout d’abord, une candidature de la France aux JO serait symbolique : en effet, 2024 marquerait le centenaire de l’organisation des Jeux en 1924, les derniers reçus par Paris.De plus, depuis l’annonce de Tokyo comme ville-hôte en 2020, il semblerait que Paris ait optimisé ses chances de gagner. En effet, il existerait une règle tacite dictée par les fuseaux horaires qui établirait une rotation entre les différents continents tous les 4 ans afin de respecter un partage équitable entre chaque zone. Ainsi, après l’Amérique en 2016 puis l’Asie en 2020, il reviendrait à l’une des villes candidates de la zone Europe/Moyen-Orient/Afrique d’organiser les jeux en 2024.

     Enfin, l’enthousiasme des membres du CIO et plus particulièrement de Thomas Bach provient de la conviction que l’organisation des jeux olympiques aurait des retombées très positives pour la France. En se fondant sur le fait que la France est un grand pays sportif, l’organisation des jeux redorerait le blason du pays grâce à une visibilité plus importante de Paris à l’international. En des temps d’austérité et de crise, l’organisation des jeux pourrait permettre également de relancer l’appareil productif en créant des emplois publics.

     Mais les retombées ne pourraient pas seulement être économiques et politiques mais aussi sociales en fédérant tout un pays autour des valeurs du sport l’espace d’un temps. C’est pourquoi Thomas Bach insiste sur le fait qu’une candidature peut contribuer au développement : « pas seulement le développement sportif, mais aussi le développement social, dans un pays et dans une ville ». En fin de compte, c’est peut être ce dont la France a justement besoin.

 

      Mais quelles difficultés pourrait rencontrer la France ?

      En premier lieu, la France s’expose à un énième refus car même si elle bénéficie d’une posture favorable selon la règle tacite exposée un peu plus tôt, la concurrence n’en demeure pas moins rude. L’Italie serait aussi candidate mais surtout la concurrence provient des pays émergents : pourquoi ne pas choisir un pays d’Afrique qui n’a jusqu’ici jamais organisé de jeux ou bien d’autres villes dynamiques du Moyen-Orient comme Istanbul ou des Émirats si ces derniers sont prêts à verser des milliards pour organiser les premiers Jeux au Moyen Orient ?

     En outre, à l’instar de Tokyo qui avait déjà engagé quelques milliards pour ces futurs JO, La France devra s’appuyer sur un dossier financièrement solide. Or, a-t-on l’envie et les moyens aujourd’hui en France de dépenser des milliards d’euros pour cet événement sportif dont les retombées sont aléatoires ?

     Engager ces dépenses reviendrait à s’exposer à un refus de la part des citoyens qui risquent de ne pas cautionner cette candidature trop coûteuse à l’heure où la France réduit ses dépenses sociales et que tout le monde se serre la ceinture.

 

     Quels enjeux s’offrent alors à la France ?

     La problématique principale d’une candidature aux Jeux Olympiques est la pérennité des installations ainsi que l’existence d’un réel retour sur investissement.

     Si l’on effectue une comparaison entre les différents bénéfices générés par l’organisation des Jeux olympiques ces dernières années, force est de constater que le retour sur investissement est loin d’être immédiat. En ce qui concerne Londres, les Jeux auront coûté trois fois plus que ce qui était prévu lors de la candidature : 12 milliards d’euros au lieu de 4 pour un retour présent mais faible, estimé à 16 milliards. Mais Londres a su profiter des jeux en entamant la rénovation de certains quartiers étant donné que le village olympique a été installé à Stratford, quartier alors perçu comme très pauvre. Au contraire, les Jeux olympiques d’Athènes sont souvent cités en contre-exemple économique. Si ces derniers ont coûté 9 milliards, la Grèce n’a pas récolté les fruits de ces investissements, et dans les trois mois qui suivirent les Jeux d’Athènes, 70 000 emplois furent détruits, notamment dans le bâtiment.

 

      En conclusion, certaines villes s’en sortent mieux que d’autres et les Jeux ne sont pas rentables à tous les coups. C’est pourquoi une candidature de Paris ne serait utile que si les investissements mis en œuvre bénéficient ensuite aux citoyens, une fois les Jeux Olympiques passés. Pour cela, Paris devra s’appuyer sur un dossier solide, rassembleur et limité en coût financier.

 

C.G

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